Mathématiques · Sciences Mathématiques A
الامتحان الوطني الموحد للبكالوريا 2026 – الرياضيات – شعبة العلوم الرياضية (أ) و (ب) – الدورة العادية
Sujet complet et corrigé détaillé de l’examen national de mathématiques 2026, session normale, 2ème Bac Sciences Mathématiques A et B (option française) : analyse, nombres complexes, arithmétique et probabilités, structures algébriques.
- Matière
- Mathématiques
- Niveau
- 2ème Bac
- Filière
- Sciences Mathématiques A
- Session
- Annuel
Énoncé
الامتحان الوطني الموحد للبكالوريا
الدورة العادية 2026 – المسالك الدولية (خيار فرنسية)
مادة الرياضيات – شعبة العلوم الرياضية (أ) و (ب)
مدة الإنجاز : 4 ساعات المعامل : 9
Examen national du baccalauréat – Session normale 2026 – Mathématiques – Sciences Mathématiques A et B (option française)
- La durée de l’épreuve est de 4 heures.
- L’épreuve comporte quatre exercices indépendants, qui peuvent être traités dans l’ordre choisi par le candidat.
- L’usage d’une calculatrice non programmable est autorisé.
Exercice 1 : Analyse 10 points
Partie I
1- a) Montrer que : \(\forall x \in \mathbb{R},\ 1 + x \leq e^{x}\). 0,25 pt
1- b) En déduire que : \(\forall x \in [0, +\infty[,\ \dfrac{x^{2}}{2} + 1 + x \leq e^{x}\). 0,25 pt
2- Pour tout \(x \in [0, +\infty[\), on pose \(I(x) = \displaystyle\int_{0}^{x} t e^{-t}\,dt\).
2- a) Montrer que : \(\forall x \in [0, +\infty[,\ I(x) \leq \dfrac{x^{2}}{2}\). 0,25 pt
2- b) Montrer que : \(\forall x \in [0, +\infty[,\ I(x) = -xe^{-x} - e^{-x} + 1\). 0,5 pt
3- Soit \(g\) la fonction numérique de la variable réelle \(x\) définie sur \(]0, +\infty[\) par :
\[g(x) = \dfrac{e^{x} - x - 1}{x^{2}}\]3- a) En utilisant les résultats des questions 1- b) et 2- b) de la partie I, montrer que : \(\forall x \in\, ]0, +\infty[,\ \dfrac{1}{2} \leq g(x) \leq \dfrac{e^{x}}{2}\). 0,5 pt
3- b) En déduire que : \(\displaystyle\lim_{x \to 0^{+}} g(x) = \dfrac{1}{2}\). 0,25 pt
Partie II
Soit \(f\) la fonction numérique de la variable réelle \(x\) définie sur \([0, +\infty[\) par :
\[\begin{aligned} &\forall x \in\, ]0, +\infty[,\ f(x) = \dfrac{x}{e^{x} - e^{-x}} \\ &\text{et} \quad f(0) = \dfrac{1}{2} \end{aligned}\]Soit \((C)\) la courbe représentative de la fonction \(f\) dans un repère orthonormé \((O, \vec{i}, \vec{j})\).
1- Calculer \(\displaystyle\lim_{x \to +\infty} f(x)\) puis interpréter graphiquement le résultat obtenu. 0,5 pt
2- Montrer que \(f\) est continue à droite en \(0\). 0,25 pt
3- a) Montrer que, pour tout \(x \in\, ]0, +\infty[\) : 0,25 pt
\[\begin{aligned} &\dfrac{f(x) - f(0)}{x} \\ &= -e^{-x} f(x) \left(\dfrac{e^{2x} - 2xe^{x} - 1}{2x^{2}}\right) \end{aligned}\]3- b) Montrer que, pour tout \(x \in\, ]0, +\infty[\) : 0,25 pt
\[\begin{aligned} &\dfrac{e^{2x} - 2xe^{x} - 1}{2x^{2}} \\ &= 2g(2x) - \dfrac{e^{x} - 1}{x} \end{aligned}\]3- c) En déduire que \(f\) est dérivable à droite en \(0\) et que \(f'_{d}(0) = 0\). 0,25 pt
4- Pour tout \(x \in [0, +\infty[\), on pose \(J(x) = \displaystyle\int_{0}^{x} t e^{t}\,dt\).
4- a) Montrer que pour tout \(x \in [0, +\infty[\), \(0 \leq I(x) \leq J(x)\). 0,5 pt
4- b) Montrer que pour tout \(x \in [0, +\infty[\), \(J(x) = (x - 1)e^{x} + 1\). 0,25 pt
4- c) Montrer que pour tout \(x \in\, ]0, +\infty[\), on a : 0,5 pt
\[f'(x) = \dfrac{I(x) - J(x)}{(e^{x} - e^{-x})^{2}}\]4- d) En déduire le sens de variation de la fonction \(f\) sur \([0, +\infty[\). 0,25 pt
5- Montrer que la fonction \(f\) réalise une bijection de \([0, +\infty[\) vers un intervalle à déterminer. On note \(f^{-1}\) la bijection réciproque de la fonction \(f\). 0,25 pt
6- a) Montrer que l’équation \(f(x) = x\) admet une unique solution \(\alpha\) à déterminer dans \([0, +\infty[\). 0,5 pt
6- b) Représenter graphiquement la courbe \((C)\) et la courbe \((C')\) de la fonction \(f^{-1}\) dans le repère orthonormé \((O, \vec{i}, \vec{j})\) (on prendra \(\|\vec{i}\| = \|\vec{j}\| = 2\ \text{cm}\)). On admet que le point \(P(x_{0}, f(x_{0}))\) est un point d’inflexion pour la courbe \((C)\) avec \(x_{0} \simeq 1{,}6\) et \(f(x_{0}) \simeq 0{,}3\). 0,5 pt
7- On considère la suite numérique \((u_{n})_{n \geq 0}\) définie par : \(u_{0} = 0\) et \((\forall n \in \mathbb{N}),\ u_{n+1} = f(u_{n})\).
7- a) Montrer que : \((\forall n \in \mathbb{N}),\ 0 \leq u_{n} \leq \dfrac{1}{2}\). 0,25 pt
7- b) Montrer que : \((\forall n \in \mathbb{N}),\ |u_{n+1} - \alpha| \leq \dfrac{1}{2}|u_{n} - \alpha|\). On admet que \(\forall x \in\, ]0, +\infty[,\ -\dfrac{1}{2} < f'(x) < 0\). 0,5 pt
7- c) Montrer par récurrence que : \((\forall n \in \mathbb{N}),\ |u_{n} - \alpha| \leq \left(\dfrac{1}{2}\right)^{n}\). 0,5 pt
7- d) En déduire que la suite \((u_{n})_{n \in \mathbb{N}}\) converge vers \(\alpha\). 0,25 pt
Partie III
On considère la fonction \(F\) définie sur \([0, +\infty[\) par : \(F(x) = \displaystyle\int_{x}^{2x} f(t)\,dt\).
1- a) Montrer que : \(\forall x \in [0, +\infty[,\ 0 \leq F(x) \leq x f(x)\). 0,5 pt
1- b) En déduire \(\displaystyle\lim_{x \to +\infty} F(x)\). 0,25 pt
1- c) Interpréter graphiquement le résultat obtenu. 0,25 pt
2- a) Montrer que \(F\) est dérivable sur \([0, +\infty[\). 0,25 pt
2- b) Montrer que, pour tout \(x \in [0, +\infty[\) : 0,5 pt
\[F'(x) = \dfrac{-f(x)}{e^{2x} + 1}\left(e^{2x} - 4e^{x} + 1\right)\]2- c) Montrer que \(F\big(\ln(2 + \sqrt{3})\big)\) est un extremum de la fonction \(F\) sur \([0, +\infty[\). 0,5 pt
Exercice 2 : Nombres complexes 3,5 points
Soit le nombre complexe \(m = \sqrt{2}\,e^{i\theta}\) où \(\theta \in \mathbb{R} - \{k\pi \,/\, k \in \mathbb{Z}\}\).
Partie I
On considère dans l’ensemble des nombres complexes \(\mathbb{C}\) l’équation \((E_{m})\) d’inconnue \(z\) :
\[(E_{m}) :\ \overline{m}\,z^{2} - 2z + m = 0\]1- Étant donné que le nombre complexe \(z_{1} = \dfrac{m(1 - i)}{2}\) est une solution de l’équation \((E_{m})\), déduire que sa deuxième solution est \(z_{2} = \dfrac{m(1 + i)}{2}\). 0,25 pt
2- Écrire \(z_{1}\) sous forme exponentielle. 0,25 pt
Partie II
Dans le plan complexe muni d’un repère orthonormé direct \((O, \vec{u}, \vec{v})\), on considère les points \(A\), \(B\), \(M\), \(M_{1}\) et \(M_{2}\) d’affixes respectives \(a = 1\), \(b = -1\), \(m\), \(z_{1}\) et \(z_{2}\). Soit \(R\) la rotation de centre \(O\) et d’angle \(\dfrac{\pi}{2}\).
1- Montrer que : \(R(M_{1}) = M_{2}\). 0,25 pt
2- a) Montrer que \((MM_{1}) \perp (OM_{1})\) et \((MM_{2}) \perp (OM_{2})\). 0,5 pt
2- b) Vérifier que : \(OM_{1} = OM_{2} = 1\). 0,25 pt
2- c) Déterminer la nature du quadrilatère \(OM_{1}MM_{2}\). 0,25 pt
3- Soit \(H\) le point d’affixe \(h = \dfrac{-i}{\sqrt{2}\sin(\theta)}\,e^{i(2\theta)}\). Pour tout nombre complexe \(z\), on désigne par \(\mathrm{Re}(z)\) la partie réelle de \(z\).
3- a) Montrer que \(\mathrm{Re}(m - h) = 0\) et que \(\mathrm{Re}(1 - h\,\overline{m}) = 0\). 0,5 pt
3- b) Montrer que : \(\mathrm{Re}\left(\dfrac{a - h}{m + 1}\right) = 0\). 0,25 pt
3- c) En déduire que \((MH) \perp (AB)\) et que \((AH) \perp (MB)\). 0,5 pt
4- a) Montrer que : \(\dfrac{h - z_{1}}{z_{2} - z_{1}} = \dfrac{1}{2}\big(1 - \mathrm{cotan}(\theta)\big)\). 0,25 pt
4- b) En déduire que les points \(H\), \(M_{1}\) et \(M_{2}\) sont alignés. 0,25 pt
Exercice 3 : Arithmétique et probabilités 3 points
Partie I
A. On considère dans \(\mathbb{Z}^{2}\) l’équation suivante \((F) :\ 5u - 9v = 1\).
1- Donner une solution particulière \((u_{0}, v_{0})\) dans \(\mathbb{N}^{2}\) de \((F)\). 0,25 pt
2- Déterminer l’ensemble des solutions de l’équation \((F)\). 0,25 pt
3- Vérifier que : \(5^{u_{0}} \equiv 6\ [19]\). 0,25 pt
B. On considère dans \(\mathbb{Z}\) l’équation suivante \((E) :\ x^{2026} \equiv 5\ [19]\).
1- Soit \(x\) une solution de l’équation \((E)\).
1- a) Montrer que \(x\) et \(19\) sont premiers entre eux et que \(x^{18} \equiv 1\ [19]\). 0,5 pt
1- b) Montrer que : \(x^{10} \equiv 5\ [19]\). 0,25 pt
1- c) En déduire que : \(x^{2} \equiv 6\ [19]\) (on pourra utiliser les résultats de la partie A). 0,25 pt
1- d) Montrer que \(x \equiv 5\ [19]\) ou \(x \equiv -5\ [19]\). 0,25 pt
2- Montrer que si \(x \equiv 5\ [19]\) ou \(x \equiv -5\ [19]\) alors \(x\) est solution de l’équation \((E)\). 0,5 pt
Partie II
On considère une urne contenant 100 boules numérotées de 1 à 100, indiscernables au toucher. On tire une boule au hasard de cette urne. On considère l’événement \(V\) : « Le numéro de la boule tirée est solution de l’équation \((E)\) ».
1- Montrer que la probabilité de l’événement \(V\) est \(p = 0{,}11\). 0,25 pt
2- Soit \(n \in \mathbb{N}^{*}\). On effectue \(n\) tirages successifs avec remise de la boule dans l’urne. Déterminer la valeur minimale de \(n\) pour que la probabilité de « réalisation de l’événement \(V\) au moins une fois » soit strictement supérieure à \(0{,}95\). 0,25 pt
Exercice 4 : Structures algébriques 3,5 points
On rappelle que \((M_{3}(\mathbb{R}), +, \times)\) est un anneau unitaire et non commutatif, de zéro la matrice \(O\) et d’unité la matrice \(I\) :
\[O = \begin{pmatrix} 0 & 0 & 0 \\ 0 & 0 & 0 \\ 0 & 0 & 0 \end{pmatrix}\] \[I = \begin{pmatrix} 1 & 0 & 0 \\ 0 & 1 & 0 \\ 0 & 0 & 1 \end{pmatrix}\]On considère l’ensemble \(E = \{M(x) \,/\, x \in \mathbb{R}\}\), où \(M(x)\) est la matrice :
\[\begin{pmatrix} 1 & 0 & 0 \\ x^{2} & 1 - x & x \\ x^{2} + 2x & -x & x + 1 \end{pmatrix}\]1- Montrer que \(\forall (x, y) \in \mathbb{R}^{2},\ M(x) \times M(y) = M(x + y)\). 0,5 pt
2- On considère l’application \(\varphi\) définie de \(\mathbb{R}\) vers \(M_{3}(\mathbb{R})\) par : \((\forall x \in \mathbb{R}),\ \varphi(x) = M(x)\).
2- a) Montrer que \(\varphi\) est un homomorphisme de \((\mathbb{R}, +)\) vers \((M_{3}(\mathbb{R}), \times)\) et que \(\varphi(\mathbb{R}) = E\). 0,5 pt
2- b) En déduire que \((E, \times)\) est un groupe commutatif. 0,25 pt
3- On munit \(E\) de la loi de composition interne \(T\) définie par : \(\forall (x, y) \in \mathbb{R}^{2},\ M(x)\,T\,M(y) = M(2xy)\).
3- a) Montrer que \((E - \{I\}, T)\) est un groupe commutatif. 0,75 pt
3- b) Montrer que \((E, \times, T)\) est un corps commutatif. 0,5 pt
4- Soit \(x \in \mathbb{R}\). On pose : \((M(x))^{n} = \underbrace{M(x) \times \cdots \times M(x)}_{n \text{ fois}}\) avec \(n \in \mathbb{N}^{*}\).
4- a) Montrer que : \((\forall n \in \mathbb{N}^{*}),\ (M(x))^{n} = M(nx)\). 0,5 pt
4- b) Résoudre dans \(E\) l’équation : 0,5 pt
\[X^{3} - X^{2} = \begin{pmatrix} 0 & 0 & 0 \\ 5 & 1 & -1 \\ 3 & 1 & -1 \end{pmatrix}\]Afficher la correctionMasquer la correction
Exercice 1 : Analyse
Partie I
1- a) \(1 + x \leq e^{x}\) pour tout réel \(x\)
On pose \(h(x) = e^{x} - x - 1\) pour tout \(x \in \mathbb{R}\). La fonction \(h\) est dérivable sur \(\mathbb{R}\) et \(h'(x) = e^{x} - 1\).
- Si \(x \leq 0\) alors \(e^{x} \leq 1\), donc \(h'(x) \leq 0\) : \(h\) est décroissante sur \(]-\infty, 0]\).
- Si \(x \geq 0\) alors \(e^{x} \geq 1\), donc \(h'(x) \geq 0\) : \(h\) est croissante sur \([0, +\infty[\).
Donc \(h\) admet un minimum en \(0\) : pour tout \(x \in \mathbb{R}\), \(h(x) \geq h(0) = 0\), c’est-à-dire \(1 + x \leq e^{x}\).
1- b) \(\dfrac{x^{2}}{2} + 1 + x \leq e^{x}\) sur \([0, +\infty[\)
Soit \(x \geq 0\). D’après 1- a), pour tout \(t \in [0, x]\) on a \(1 + t \leq e^{t}\). Comme \(0 \leq x\), on intègre cette inégalité entre \(0\) et \(x\) :
\[\begin{aligned} \int_{0}^{x} (1 + t)\,dt &\leq \int_{0}^{x} e^{t}\,dt \\ \left[t + \dfrac{t^{2}}{2}\right]_{0}^{x} &\leq \big[e^{t}\big]_{0}^{x} \\ x + \dfrac{x^{2}}{2} &\leq e^{x} - 1 \end{aligned}\]D’où \(\dfrac{x^{2}}{2} + 1 + x \leq e^{x}\) pour tout \(x \in [0, +\infty[\).
2- a) \(I(x) \leq \dfrac{x^{2}}{2}\)
Soit \(x \geq 0\) et \(t \in [0, x]\). On a \(-t \leq 0\), donc \(e^{-t} \leq 1\). En multipliant par \(t \geq 0\) : \(te^{-t} \leq t\). On intègre entre \(0\) et \(x\) :
\[I(x) \leq \int_{0}^{x} t\,dt = \left[\dfrac{t^{2}}{2}\right]_{0}^{x} = \dfrac{x^{2}}{2}\]2- b) Calcul de \(I(x)\)
On intègre par parties en posant \(u(t) = t\) et \(v'(t) = e^{-t}\), donc \(u'(t) = 1\) et \(v(t) = -e^{-t}\) :
\[\begin{aligned} I(x) &= \big[-te^{-t}\big]_{0}^{x} + \int_{0}^{x} e^{-t}\,dt \\ &= -xe^{-x} + \big[-e^{-t}\big]_{0}^{x} \\ &= -xe^{-x} - e^{-x} + 1 \end{aligned}\]3- a) Encadrement de \(g(x)\)
Soit \(x > 0\).
• Minoration. D’après 1- b), \(e^{x} - x - 1 \geq \dfrac{x^{2}}{2}\). En divisant par \(x^{2} > 0\) : \(g(x) \geq \dfrac{1}{2}\).
• Majoration. D’après 2- a) et 2- b) :
\[-xe^{-x} - e^{-x} + 1 \leq \dfrac{x^{2}}{2}\]On multiplie les deux membres par \(e^{x} > 0\) :
\[-x - 1 + e^{x} \leq \dfrac{x^{2}}{2}\,e^{x}\]puis on divise par \(x^{2} > 0\) : \(g(x) \leq \dfrac{e^{x}}{2}\).
Conclusion : \(\forall x \in\, ]0, +\infty[,\ \dfrac{1}{2} \leq g(x) \leq \dfrac{e^{x}}{2}\).
3- b) Limite de \(g\) en \(0^{+}\)
On a \(\displaystyle\lim_{x \to 0^{+}} \dfrac{e^{x}}{2} = \dfrac{1}{2}\) et \(\dfrac{1}{2} \leq g(x) \leq \dfrac{e^{x}}{2}\). D’après le théorème des gendarmes : \(\displaystyle\lim_{x \to 0^{+}} g(x) = \dfrac{1}{2}\).
Partie II
1- Limite de \(f\) en \(+\infty\)
Pour \(x > 0\), on factorise le dénominateur par \(e^{x}\) :
\[\begin{aligned} f(x) &= \dfrac{x}{e^{x}(1 - e^{-2x})} \\ &= \dfrac{x}{e^{x}} \times \dfrac{1}{1 - e^{-2x}} \end{aligned}\]Or \(\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{x}{e^{x}} = 0\) (croissances comparées) et \(\displaystyle\lim_{x \to +\infty} e^{-2x} = 0\). Donc :
\[\lim_{x \to +\infty} f(x) = 0 \times 1 = 0\]Interprétation : l’axe des abscisses (la droite d’équation \(y = 0\)) est une asymptote horizontale à la courbe \((C)\) au voisinage de \(+\infty\).
2- Continuité à droite en \(0\)
Pour \(x > 0\), on a \(e^{x} - e^{-x} = e^{-x}(e^{2x} - 1)\), donc :
\[f(x) = \dfrac{xe^{x}}{e^{2x} - 1} = \dfrac{e^{x}}{2} \times \dfrac{2x}{e^{2x} - 1}\]On sait que \(\displaystyle\lim_{t \to 0} \dfrac{e^{t} - 1}{t} = 1\). En posant \(t = 2x\), on obtient \(\displaystyle\lim_{x \to 0^{+}} \dfrac{2x}{e^{2x} - 1} = 1\). Comme \(\displaystyle\lim_{x \to 0^{+}} \dfrac{e^{x}}{2} = \dfrac{1}{2}\) :
\[\lim_{x \to 0^{+}} f(x) = \dfrac{1}{2} = f(0)\]Donc \(f\) est continue à droite en \(0\).
3- a) Taux d’accroissement en \(0\)
Soit \(x > 0\). On calcule séparément les deux membres.
• Membre de gauche :
\[\begin{aligned} f(x) - f(0) &= \dfrac{x}{e^{x} - e^{-x}} - \dfrac{1}{2} \\ &= \dfrac{2x - e^{x} + e^{-x}}{2(e^{x} - e^{-x})} \end{aligned}\]donc :
\[\dfrac{f(x) - f(0)}{x} = \dfrac{2x - e^{x} + e^{-x}}{2x(e^{x} - e^{-x})}\]• Membre de droite : on remplace \(f(x)\) par son expression, puis on distribue \(e^{-x}\) au numérateur.
\[\begin{aligned} &-e^{-x} f(x) \times \dfrac{e^{2x} - 2xe^{x} - 1}{2x^{2}} \\ &= -\dfrac{e^{-x}(e^{2x} - 2xe^{x} - 1)}{2x(e^{x} - e^{-x})} \\ &= -\dfrac{e^{x} - 2x - e^{-x}}{2x(e^{x} - e^{-x})} \\ &= \dfrac{2x - e^{x} + e^{-x}}{2x(e^{x} - e^{-x})} \end{aligned}\]Les deux membres sont égaux, d’où l’égalité demandée.
3- b) Lien avec la fonction \(g\)
Soit \(x > 0\). Comme \(g(2x) = \dfrac{e^{2x} - 2x - 1}{(2x)^{2}}\), on a :
\[2g(2x) = \dfrac{e^{2x} - 2x - 1}{2x^{2}}\]et, en réduisant au même dénominateur :
\[\dfrac{e^{x} - 1}{x} = \dfrac{2xe^{x} - 2x}{2x^{2}}\]Par soustraction :
\[\begin{aligned} &2g(2x) - \dfrac{e^{x} - 1}{x} \\ &= \dfrac{e^{2x} - 2x - 1 - 2xe^{x} + 2x}{2x^{2}} \\ &= \dfrac{e^{2x} - 2xe^{x} - 1}{2x^{2}} \end{aligned}\]3- c) Dérivabilité à droite en \(0\)
D’après 3- a) et 3- b), pour tout \(x > 0\) :
\[\begin{aligned} &\dfrac{f(x) - f(0)}{x} \\ &= -e^{-x} f(x)\left(2g(2x) - \dfrac{e^{x} - 1}{x}\right) \end{aligned}\]Quand \(x\) tend vers \(0^{+}\) :
- \(e^{-x}\) tend vers \(1\) ;
- \(f(x)\) tend vers \(f(0) = \dfrac{1}{2}\) (question 2) ;
- \(2x\) tend vers \(0^{+}\), donc \(g(2x)\) tend vers \(\dfrac{1}{2}\) (partie I, 3- b) et \(2g(2x)\) tend vers \(1\) ;
- \(\dfrac{e^{x} - 1}{x}\) tend vers \(1\).
Donc \(f\) est dérivable à droite en \(0\) et \(f'_{d}(0) = 0\). Graphiquement, \((C)\) admet au point d’abscisse \(0\) une demi-tangente horizontale.
4- a) \(0 \leq I(x) \leq J(x)\)
Soit \(x \geq 0\) et \(t \in [0, x]\). Comme \(t \geq 0\), on a \(-t \leq t\), donc \(e^{-t} \leq e^{t}\) (la fonction exponentielle est croissante). En multipliant par \(t \geq 0\) :
\[0 \leq te^{-t} \leq te^{t}\]On intègre entre \(0\) et \(x\) (avec \(0 \leq x\)) : \(0 \leq I(x) \leq J(x)\).
4- b) Calcul de \(J(x)\)
On intègre par parties avec \(u(t) = t\) et \(v'(t) = e^{t}\), donc \(u'(t) = 1\) et \(v(t) = e^{t}\) :
\[\begin{aligned} J(x) &= \big[te^{t}\big]_{0}^{x} - \int_{0}^{x} e^{t}\,dt \\ &= xe^{x} - (e^{x} - 1) \\ &= (x - 1)e^{x} + 1 \end{aligned}\]4- c) Expression de \(f'(x)\)
La fonction \(f\) est dérivable sur \(]0, +\infty[\) comme quotient de fonctions dérivables dont le dénominateur ne s’annule pas (\(e^{x} > e^{-x}\) pour \(x > 0\)). Pour tout \(x > 0\) :
\[f'(x) = \dfrac{(e^{x} - e^{-x}) - x(e^{x} + e^{-x})}{(e^{x} - e^{-x})^{2}}\]D’autre part, d’après les expressions de \(I(x)\) et \(J(x)\) :
\[\begin{aligned} &I(x) - J(x) \\ &= -xe^{-x} - e^{-x} + 1 \\ &\quad - (x - 1)e^{x} - 1 \\ &= -xe^{-x} - e^{-x} - xe^{x} + e^{x} \\ &= (e^{x} - e^{-x}) - x(e^{x} + e^{-x}) \end{aligned}\]C’est le numérateur de \(f'(x)\). Donc \(f'(x) = \dfrac{I(x) - J(x)}{(e^{x} - e^{-x})^{2}}\).
4- d) Sens de variation de \(f\)
Soit \(x > 0\). On a \(J(x) - I(x) = \displaystyle\int_{0}^{x} t(e^{t} - e^{-t})\,dt\). La fonction \(t \mapsto t(e^{t} - e^{-t})\) est continue et positive sur \([0, x]\), et strictement positive sur \(]0, x]\) ; son intégrale est donc strictement positive : \(I(x) - J(x) < 0\).
Comme \((e^{x} - e^{-x})^{2} > 0\), on obtient \(f'(x) < 0\) pour tout \(x > 0\). De plus \(f\) est continue à droite en \(0\). Donc \(f\) est strictement décroissante sur \([0, +\infty[\).
\[\begin{array}{|c|lcr|} \hline x & 0 & & +\infty \\ \hline f'(x) & 0 & - & \\ \hline f(x) & \frac{1}{2} & \searrow & 0 \\ \hline \end{array}\]5- Bijection
La fonction \(f\) est continue sur \(]0, +\infty[\) (quotient de fonctions continues dont le dénominateur ne s’annule pas) et continue à droite en \(0\) : elle est continue sur \([0, +\infty[\). Elle est de plus strictement décroissante sur \([0, +\infty[\).
Donc \(f\) réalise une bijection de \([0, +\infty[\) vers l’intervalle :
\[\begin{aligned} f\big([0, +\infty[\big) &= \Big]\lim_{x \to +\infty} f(x)\ ;\ f(0)\Big] \\ &= \Big]0\ ;\ \dfrac{1}{2}\Big] \end{aligned}\]6- a) Résolution de \(f(x) = x\)
\(0\) n’est pas solution, car \(f(0) = \dfrac{1}{2} \neq 0\). Soit \(x > 0\). En divisant par \(x \neq 0\) :
\[\begin{aligned} f(x) = x &\iff \dfrac{1}{e^{x} - e^{-x}} = 1 \\ &\iff e^{x} - e^{-x} = 1 \\ &\iff e^{2x} - e^{x} - 1 = 0 \end{aligned}\](on a multiplié par \(e^{x}\)). On pose \(X = e^{x}\), avec \(X > 1\) car \(x > 0\). L’équation \(X^{2} - X - 1 = 0\) a pour discriminant \(\Delta = 5\) et pour solutions :
\[\begin{aligned} X_{1} &= \dfrac{1 - \sqrt{5}}{2} < 0 \\ X_{2} &= \dfrac{1 + \sqrt{5}}{2} > 1 \end{aligned}\]Seule \(X_{2}\) convient, donc \(e^{x} = \dfrac{1 + \sqrt{5}}{2}\). L’équation \(f(x) = x\) admet une unique solution dans \([0, +\infty[\) :
\[\alpha = \ln\left(\dfrac{1 + \sqrt{5}}{2}\right) \simeq 0{,}48\]6- b) Courbes \((C)\) et \((C')\)
Éléments utilisés pour le tracé :
- \((C)\) part du point de coordonnées \(\left(0\ ;\ \frac{1}{2}\right)\) avec une demi-tangente horizontale, car \(f'_{d}(0) = 0\) ;
- \(f\) est strictement décroissante et l’axe des abscisses est asymptote à \((C)\) en \(+\infty\) ;
- \(P\) est un point d’inflexion de \((C)\) ; quelques valeurs : \(f(1) \simeq 0{,}43\), \(f(2) \simeq 0{,}28\), \(f(3) \simeq 0{,}15\) ;
- \((C')\) est le symétrique de \((C)\) par rapport à la droite d’équation \(y = x\) : elle part du point \(\left(\frac{1}{2}\ ;\ 0\right)\) avec une demi-tangente verticale et admet l’axe des ordonnées pour asymptote ;
- \((C)\) et \((C')\) se coupent au point \(A(\alpha\ ;\ \alpha)\), situé sur la droite \(y = x\).
7- a) \(0 \leq u_{n} \leq \dfrac{1}{2}\)
Par récurrence.
• Initialisation : \(u_{0} = 0\), donc \(0 \leq u_{0} \leq \dfrac{1}{2}\).
• Hérédité : soit \(n \in \mathbb{N}\) tel que \(0 \leq u_{n} \leq \dfrac{1}{2}\). Alors \(u_{n} \in [0, +\infty[\) et, d’après la question 5, \(f(u_{n}) \in \left]0, \frac{1}{2}\right]\). Donc \(0 \leq u_{n+1} \leq \dfrac{1}{2}\).
• Conclusion : \((\forall n \in \mathbb{N}),\ 0 \leq u_{n} \leq \dfrac{1}{2}\).
7- b) \(|u_{n+1} - \alpha| \leq \dfrac{1}{2}|u_{n} - \alpha|\)
Soit \(n \in \mathbb{N}\). On rappelle que \(f(\alpha) = \alpha\) et \(u_{n+1} = f(u_{n})\).
• Si \(u_{n} = \alpha\) : alors \(u_{n+1} = f(\alpha) = \alpha\) et les deux membres sont nuls.
• Si \(u_{n} \neq \alpha\) : \(f\) est continue sur l’intervalle fermé d’extrémités \(u_{n}\) et \(\alpha\) (inclus dans \([0, +\infty[\)) et dérivable sur l’intervalle ouvert correspondant (inclus dans \(]0, +\infty[\)). D’après le théorème des accroissements finis, il existe \(c\) strictement compris entre \(u_{n}\) et \(\alpha\) tel que :
\[f(u_{n}) - f(\alpha) = f'(c)(u_{n} - \alpha)\]Or \(-\dfrac{1}{2} < f'(c) < 0\), donc \(|f'(c)| \leq \dfrac{1}{2}\). Par suite :
\[\begin{aligned} |u_{n+1} - \alpha| &= |f'(c)| \times |u_{n} - \alpha| \\ &\leq \dfrac{1}{2}|u_{n} - \alpha| \end{aligned}\]7- c) \(|u_{n} - \alpha| \leq \left(\dfrac{1}{2}\right)^{n}\)
• Initialisation : \(|u_{0} - \alpha| = \alpha\). Or \(\alpha = f(\alpha) \in \left]0, \frac{1}{2}\right]\), donc \(\alpha \leq 1 = \left(\dfrac{1}{2}\right)^{0}\).
• Hérédité : soit \(n \in \mathbb{N}\) tel que \(|u_{n} - \alpha| \leq \left(\dfrac{1}{2}\right)^{n}\). D’après 7- b) :
\[\begin{aligned} |u_{n+1} - \alpha| &\leq \dfrac{1}{2}|u_{n} - \alpha| \\ &\leq \dfrac{1}{2} \times \left(\dfrac{1}{2}\right)^{n} \\ &= \left(\dfrac{1}{2}\right)^{n+1} \end{aligned}\]• Conclusion : \((\forall n \in \mathbb{N}),\ |u_{n} - \alpha| \leq \left(\dfrac{1}{2}\right)^{n}\).
7- d) Convergence de \((u_{n})\)
Pour tout \(n \in \mathbb{N}\), \(0 \leq |u_{n} - \alpha| \leq \left(\dfrac{1}{2}\right)^{n}\). Comme \(-1 < \dfrac{1}{2} < 1\), on a \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} \left(\dfrac{1}{2}\right)^{n} = 0\). D’après le théorème des gendarmes, \(\displaystyle\lim_{n \to +\infty} |u_{n} - \alpha| = 0\). Donc la suite \((u_{n})\) converge vers \(\alpha\).
Partie III
1- a) \(0 \leq F(x) \leq x f(x)\)
Soit \(x \geq 0\) ; on a \(x \leq 2x\). Soit \(t \in [x, 2x]\). Comme \(f\) est décroissante sur \([0, +\infty[\) et à valeurs dans \(\left]0, \frac{1}{2}\right]\) :
\[0 \leq f(t) \leq f(x)\]On intègre entre \(x\) et \(2x\) (avec \(x \leq 2x\)) :
\[0 \leq \int_{x}^{2x} f(t)\,dt \leq f(x)(2x - x)\]c’est-à-dire \(0 \leq F(x) \leq x f(x)\).
1- b) Limite de \(F\) en \(+\infty\)
Pour \(x > 0\) :
\[\begin{aligned} x f(x) &= \dfrac{x^{2}}{e^{x} - e^{-x}} \\ &= \dfrac{x^{2}}{e^{x}} \times \dfrac{1}{1 - e^{-2x}} \end{aligned}\]Or \(\displaystyle\lim_{x \to +\infty} \dfrac{x^{2}}{e^{x}} = 0\) (croissances comparées) et \(\displaystyle\lim_{x \to +\infty} e^{-2x} = 0\), donc \(\displaystyle\lim_{x \to +\infty} x f(x) = 0\). D’après le théorème des gendarmes :
\[\lim_{x \to +\infty} F(x) = 0\]1- c) Interprétation graphique
La courbe représentative de \(F\) admet l’axe des abscisses pour asymptote horizontale au voisinage de \(+\infty\).
Autrement dit, comme \(f\) est positive, \(F(x)\) est l’aire (en unités d’aire) du domaine limité par \((C)\), l’axe des abscisses et les droites verticales d’abscisses \(x\) et \(2x\) : cette aire tend vers \(0\) quand \(x\) tend vers \(+\infty\).
2- a) Dérivabilité de \(F\)
La fonction \(f\) est continue sur \([0, +\infty[\), donc elle admet une primitive \(\Phi\) sur \([0, +\infty[\), et pour tout \(x \geq 0\) :
\[F(x) = \Phi(2x) - \Phi(x)\]La fonction \(x \mapsto 2x\) est dérivable sur \([0, +\infty[\) et à valeurs dans \([0, +\infty[\), où \(\Phi\) est dérivable. Donc \(x \mapsto \Phi(2x)\) est dérivable sur \([0, +\infty[\), et \(F\) aussi, comme différence de deux fonctions dérivables. De plus :
\[\begin{aligned} F'(x) &= 2\Phi'(2x) - \Phi'(x) \\ &= 2f(2x) - f(x) \end{aligned}\]2- b) Expression de \(F'(x)\)
• Pour \(x > 0\). On utilise \(e^{2x} - e^{-2x} = (e^{x} - e^{-x})(e^{x} + e^{-x})\) :
\[\begin{aligned} 2f(2x) &= \dfrac{4x}{(e^{x} - e^{-x})(e^{x} + e^{-x})} \\ &= f(x) \times \dfrac{4}{e^{x} + e^{-x}} \end{aligned}\]Donc :
\[\begin{aligned} F'(x) &= f(x)\left(\dfrac{4}{e^{x} + e^{-x}} - 1\right) \\ &= f(x) \times \dfrac{4 - e^{x} - e^{-x}}{e^{x} + e^{-x}} \\ &= f(x) \times \dfrac{4e^{x} - e^{2x} - 1}{e^{2x} + 1} \\ &= \dfrac{-f(x)}{e^{2x} + 1}\left(e^{2x} - 4e^{x} + 1\right) \end{aligned}\](à la troisième ligne, on a multiplié le numérateur et le dénominateur par \(e^{x}\)).
• Pour \(x = 0\). \(F'(0) = 2f(0) - f(0) = \dfrac{1}{2}\), et la formule donne \(\dfrac{-\frac{1}{2}}{2} \times (1 - 4 + 1) = \dfrac{1}{2}\). L’égalité est donc vraie sur \([0, +\infty[\).
2- c) Extremum de \(F\)
Pour tout \(x \geq 0\), \(f(x) > 0\) et \(e^{2x} + 1 > 0\). Donc \(F'(x)\) est du signe de \(-(e^{2x} - 4e^{x} + 1)\).
On pose \(X = e^{x}\), avec \(X \geq 1\) car \(x \geq 0\). Le trinôme \(X^{2} - 4X + 1\) a pour discriminant \(\Delta = 12\) et pour racines :
\[\begin{aligned} X_{1} &= 2 - \sqrt{3} \simeq 0{,}27 \\ X_{2} &= 2 + \sqrt{3} \simeq 3{,}73 \end{aligned}\]Comme \(X_{1} < 1 \leq X\), seule \(X_{2}\) intervient, et \(e^{x} = 2 + \sqrt{3} \iff x = \ln(2 + \sqrt{3})\).
- Si \(0 \leq x < \ln(2 + \sqrt{3})\) : \(X_{1} < X < X_{2}\), le trinôme est négatif, donc \(F'(x) > 0\).
- Si \(x > \ln(2 + \sqrt{3})\) : \(X > X_{2}\), le trinôme est positif, donc \(F'(x) < 0\).
En notant \(x_{1} = \ln(2 + \sqrt{3})\) :
\[\begin{array}{|c|lcccr|} \hline x & 0 & & x_{1} & & +\infty \\ \hline F'(x) & & + & 0 & - & \\ \hline F(x) & 0 & \nearrow & F(x_{1}) & \searrow & 0 \\ \hline \end{array}\]\(F'\) s’annule en \(\ln(2 + \sqrt{3})\) en changeant de signe (du positif au négatif). Donc \(F\big(\ln(2 + \sqrt{3})\big)\) est un extremum de \(F\) sur \([0, +\infty[\) : c’est son maximum.
Exercice 2 : Nombres complexes
Partie I
1- Deuxième solution de \((E_{m})\)
On a \(|m| = \sqrt{2}\), donc \(\overline{m} \neq 0\) et \((E_{m})\) est une équation du second degré. La somme de ses solutions est :
\[z_{1} + z_{2} = \dfrac{2}{\overline{m}}\]Or \(m\,\overline{m} = |m|^{2} = 2\), donc \(\dfrac{2}{\overline{m}} = m\). Par suite :
\[\begin{aligned} z_{2} &= m - z_{1} = m - \dfrac{m(1 - i)}{2} \\ &= \dfrac{m(2 - 1 + i)}{2} = \dfrac{m(1 + i)}{2} \end{aligned}\]2- Forme exponentielle de \(z_{1}\)
On a \(1 - i = \sqrt{2}\,e^{-i\frac{\pi}{4}}\). Donc :
\[z_{1} = \dfrac{\sqrt{2}\,e^{i\theta} \times \sqrt{2}\,e^{-i\frac{\pi}{4}}}{2} = e^{i\left(\theta - \frac{\pi}{4}\right)}\]De même, \(1 + i = \sqrt{2}\,e^{i\frac{\pi}{4}}\) donne \(z_{2} = e^{i\left(\theta + \frac{\pi}{4}\right)}\).
Partie II
1- \(R(M_{1}) = M_{2}\)
L’écriture complexe de la rotation \(R\) de centre \(O\) et d’angle \(\dfrac{\pi}{2}\) est \(z' = e^{i\frac{\pi}{2}} z = iz\). Or :
\[i z_{1} = \dfrac{m(i - i^{2})}{2} = \dfrac{m(1 + i)}{2} = z_{2}\]Donc \(R(M_{1}) = M_{2}\).
2- a) Deux perpendicularités
On remarque que \(m - z_{1} = z_{2}\) et \(m - z_{2} = z_{1}\) (car \(z_{1} + z_{2} = m\)), et que \(z_{2} = iz_{1}\).
• \((MM_{1}) \perp (OM_{1})\) :
\[\dfrac{m - z_{1}}{0 - z_{1}} = \dfrac{z_{2}}{-z_{1}} = \dfrac{iz_{1}}{-z_{1}} = -i\]Ce nombre est imaginaire pur non nul, donc \(\big(\overrightarrow{M_{1}O}, \overrightarrow{M_{1}M}\big) \equiv -\dfrac{\pi}{2}\ [2\pi]\) : les droites \((MM_{1})\) et \((OM_{1})\) sont perpendiculaires.
• \((MM_{2}) \perp (OM_{2})\) :
\[\dfrac{m - z_{2}}{0 - z_{2}} = \dfrac{z_{1}}{-z_{2}} = \dfrac{z_{1}}{-iz_{1}} = i\]Ce nombre est imaginaire pur non nul, donc les droites \((MM_{2})\) et \((OM_{2})\) sont perpendiculaires.
2- b) \(OM_{1} = OM_{2} = 1\)
\(OM_{1} = |z_{1}| = \left|e^{i\left(\theta - \frac{\pi}{4}\right)}\right| = 1\) et \(OM_{2} = |z_{2}| = |i| \times |z_{1}| = 1\).
2- c) Nature du quadrilatère \(OM_{1}MM_{2}\)
- \(z_{1} + z_{2} = m\) signifie \(\overrightarrow{OM_{1}} + \overrightarrow{OM_{2}} = \overrightarrow{OM}\) : \(OM_{1}MM_{2}\) est un parallélogramme.
- \(OM_{1} = OM_{2}\) : deux côtés consécutifs sont égaux, c’est un losange.
- \(\big(\overrightarrow{OM_{1}}, \overrightarrow{OM_{2}}\big) \equiv \dfrac{\pi}{2}\ [2\pi]\) car \(R(M_{1}) = M_{2}\) : il a un angle droit.
Donc \(OM_{1}MM_{2}\) est un carré (de côté \(1\)).
3- a) \(\mathrm{Re}(m - h) = 0\) et \(\mathrm{Re}(1 - h\,\overline{m}) = 0\)
Comme \(\theta \neq k\pi\), on a \(\sin\theta \neq 0\).
• Première égalité. On a \(\mathrm{Re}(m) = \sqrt{2}\cos\theta\). D’autre part :
\[\begin{aligned} h &= \dfrac{-i(\cos 2\theta + i\sin 2\theta)}{\sqrt{2}\sin\theta} \\ &= \dfrac{\sin 2\theta - i\cos 2\theta}{\sqrt{2}\sin\theta} \end{aligned}\]donc, avec \(\sin 2\theta = 2\sin\theta\cos\theta\) :
\[\begin{aligned} \mathrm{Re}(h) &= \dfrac{2\sin\theta\cos\theta}{\sqrt{2}\sin\theta} \\ &= \sqrt{2}\cos\theta = \mathrm{Re}(m) \end{aligned}\]D’où \(\mathrm{Re}(m - h) = 0\).
• Deuxième égalité. Comme \(\overline{m} = \sqrt{2}\,e^{-i\theta}\) :
\[\begin{aligned} h\,\overline{m} &= \dfrac{-i\,e^{2i\theta}}{\sqrt{2}\sin\theta} \times \sqrt{2}\,e^{-i\theta} \\ &= \dfrac{-i\,e^{i\theta}}{\sin\theta} \\ &= \dfrac{-i(\cos\theta + i\sin\theta)}{\sin\theta} \\ &= \dfrac{\sin\theta - i\cos\theta}{\sin\theta} \\ &= 1 - i\,\mathrm{cotan}\,\theta \end{aligned}\]Donc \(1 - h\,\overline{m} = i\,\mathrm{cotan}\,\theta\), qui est imaginaire pur : \(\mathrm{Re}(1 - h\,\overline{m}) = 0\).
3- b) \(\mathrm{Re}\left(\dfrac{a - h}{m + 1}\right) = 0\)
On a \(m + 1 \neq 0\) car \(|m| = \sqrt{2} \neq 1\). On multiplie le numérateur et le dénominateur par \(\overline{m + 1} = \overline{m} + 1\) :
\[\dfrac{a - h}{m + 1} = \dfrac{(1 - h)(\overline{m} + 1)}{|m + 1|^{2}}\]Le dénominateur est un réel strictement positif. Pour le numérateur :
\[\begin{aligned} &(1 - h)(\overline{m} + 1) \\ &= \overline{m} + 1 - h\,\overline{m} - h \\ &= (1 - h\,\overline{m}) + (\overline{m} - h) \end{aligned}\]Comme \(\mathrm{Re}(\overline{m}) = \mathrm{Re}(m)\), on obtient avec 3- a) :
\[\begin{aligned} &\mathrm{Re}\big((1 - h)(\overline{m} + 1)\big) \\ &= \mathrm{Re}(1 - h\,\overline{m}) + \mathrm{Re}(m - h) = 0 \end{aligned}\]Donc \(\mathrm{Re}\left(\dfrac{a - h}{m + 1}\right) = 0\).
3- c) \((MH) \perp (AB)\) et \((AH) \perp (MB)\)
• \((MH) \perp (AB)\). On a \(b - a = -2\), donc \(\dfrac{h - m}{b - a} = \dfrac{m - h}{2}\), de partie réelle nulle d’après 3- a). De plus \(M \neq H\) : en multipliant \(h\,\overline{m} = 1 - i\,\mathrm{cotan}\,\theta\) par \(m\) et en utilisant \(m\,\overline{m} = 2\), on obtient
\[h = \dfrac{m(1 - i\,\mathrm{cotan}\,\theta)}{2}\]donc :
\[m - h = \dfrac{m(1 + i\,\mathrm{cotan}\,\theta)}{2} \neq 0\]Ainsi \(\dfrac{h - m}{b - a}\) est imaginaire pur non nul : \((MH) \perp (AB)\).
• \((AH) \perp (MB)\). On a :
\[\dfrac{h - a}{b - m} = \dfrac{h - 1}{-1 - m} = \dfrac{a - h}{m + 1}\]qui est imaginaire pur d’après 3- b). Donc (pour \(H \neq A\)) les droites \((AH)\) et \((MB)\) sont perpendiculaires.
Remarque : \(H\) est donc l’orthocentre du triangle \(ABM\).
4- a) Calcul de \(\dfrac{h - z_{1}}{z_{2} - z_{1}}\)
On utilise \(h = \dfrac{m(1 - i\,\mathrm{cotan}\,\theta)}{2}\), établi à la question précédente :
\[\begin{aligned} &h - z_{1} \\ &= \dfrac{m(1 - i\,\mathrm{cotan}\,\theta)}{2} - \dfrac{m(1 - i)}{2} \\ &= \dfrac{m(i - i\,\mathrm{cotan}\,\theta)}{2} \\ &= \dfrac{i\,m(1 - \mathrm{cotan}\,\theta)}{2} \end{aligned}\] \[\begin{aligned} z_{2} - z_{1} &= \dfrac{m(1 + i)}{2} - \dfrac{m(1 - i)}{2} \\ &= i\,m \end{aligned}\]Par quotient (\(i\,m \neq 0\)) :
\[\dfrac{h - z_{1}}{z_{2} - z_{1}} = \dfrac{1}{2}\big(1 - \mathrm{cotan}\,\theta\big)\]4- b) Alignement de \(H\), \(M_{1}\) et \(M_{2}\)
Le quotient \(\dfrac{h - z_{1}}{z_{2} - z_{1}}\) est un nombre réel et \(M_{1} \neq M_{2}\). Donc les vecteurs \(\overrightarrow{M_{1}H}\) et \(\overrightarrow{M_{1}M_{2}}\) sont colinéaires : les points \(H\), \(M_{1}\) et \(M_{2}\) sont alignés.
Exercice 3 : Arithmétique et probabilités
Partie I – A
1- Solution particulière de \((F)\)
\(5 \times 2 - 9 \times 1 = 10 - 9 = 1\), donc \((u_{0}, v_{0}) = (2, 1)\) est une solution de \((F)\) dans \(\mathbb{N}^{2}\).
2- Ensemble des solutions de \((F)\)
Soit \((u, v) \in \mathbb{Z}^{2}\) une solution de \((F)\). En soustrayant \(5 \times 2 - 9 \times 1 = 1\) :
\[5(u - 2) = 9(v - 1)\]Donc \(9\) divise \(5(u - 2)\). Comme \(9 \wedge 5 = 1\), le théorème de Gauss donne : \(9\) divise \(u - 2\). Il existe donc \(k \in \mathbb{Z}\) tel que \(u = 2 + 9k\). En remplaçant : \(5 \times 9k = 9(v - 1)\), d’où \(v = 1 + 5k\).
Réciproquement, pour tout \(k \in \mathbb{Z}\) : \(5(2 + 9k) - 9(1 + 5k) = 10 - 9 = 1\).
\[S = \{(2 + 9k\ ;\ 1 + 5k) \,/\, k \in \mathbb{Z}\}\]3- \(5^{u_{0}} \equiv 6\ [19]\)
Avec \(u_{0} = 2\) : \(5^{2} = 25 = 19 + 6\), donc \(5^{u_{0}} \equiv 6\ [19]\).
Partie I – B
1- a) \(x \wedge 19 = 1\) et \(x^{18} \equiv 1\ [19]\)
Supposons que \(19\) divise \(x\). Alors \(x \equiv 0\ [19]\), donc \(x^{2026} \equiv 0\ [19]\). Or \(x^{2026} \equiv 5\ [19]\) : on aurait \(5 \equiv 0\ [19]\), ce qui est faux. Donc \(19\) ne divise pas \(x\).
Comme \(19\) est un nombre premier qui ne divise pas \(x\), les nombres \(x\) et \(19\) sont premiers entre eux, et d’après le petit théorème de Fermat : \(x^{18} \equiv 1\ [19]\).
1- b) \(x^{10} \equiv 5\ [19]\)
La division euclidienne de \(2026\) par \(18\) donne \(2026 = 18 \times 112 + 10\). Donc :
\[\begin{aligned} x^{2026} &= (x^{18})^{112} \times x^{10} \\ &\equiv 1^{112} \times x^{10}\ [19] \\ &\equiv x^{10}\ [19] \end{aligned}\]Comme \(x^{2026} \equiv 5\ [19]\), on obtient \(x^{10} \equiv 5\ [19]\).
1- c) \(x^{2} \equiv 6\ [19]\)
D’après la partie A, \(5u_{0} - 9v_{0} = 1\) avec \(u_{0} = 2\) et \(v_{0} = 1\) ; en multipliant par \(2\) : \(10 \times 2 = 2 + 18 \times 1\). Donc :
\[(x^{10})^{2} = x^{20} = x^{2} \times x^{18} \equiv x^{2}\ [19]\]D’autre part, d’après 1- b) et A- 3 :
\[(x^{10})^{2} \equiv 5^{2} \equiv 6\ [19]\]D’où \(x^{2} \equiv 6\ [19]\).
1- d) \(x \equiv 5\ [19]\) ou \(x \equiv -5\ [19]\)
Comme \(6 \equiv 25\ [19]\), on a \(x^{2} \equiv 25\ [19]\), c’est-à-dire :
\[(x - 5)(x + 5) \equiv 0\ [19]\]Donc \(19\) divise le produit \((x - 5)(x + 5)\). Comme \(19\) est premier, il divise l’un des deux facteurs : \(x \equiv 5\ [19]\) ou \(x \equiv -5\ [19]\).
2- Réciproque
Supposons \(x \equiv 5\ [19]\) ou \(x \equiv -5\ [19]\). Comme \(2026\) est pair, dans les deux cas :
\[x^{2026} \equiv 5^{2026}\ [19]\]\(19\) est premier et ne divise pas \(5\), donc \(5^{18} \equiv 1\ [19]\) et, comme en 1- b), \(5^{2026} \equiv 5^{10}\ [19]\). On calcule :
- \(5^{2} = 25 \equiv 6\ [19]\) ;
- \(5^{4} \equiv 6^{2} = 36 \equiv -2\ [19]\) ;
- \(5^{8} \equiv (-2)^{2} = 4\ [19]\) ;
- \(5^{10} = 5^{8} \times 5^{2} \equiv 4 \times 6 = 24 \equiv 5\ [19]\).
Donc \(x^{2026} \equiv 5\ [19]\) : \(x\) est solution de \((E)\).
Bilan : les solutions de \((E)\) sont les entiers \(x\) tels que \(x \equiv 5\ [19]\) ou \(x \equiv -5\ [19]\).
Partie II
1- Probabilité de \(V\)
D’après la partie I, les numéros favorables sont les entiers de \(1\) à \(100\) congrus à \(5\) ou à \(-5\) modulo \(19\) (on a \(-5 \equiv 14\ [19]\)).
- \(x = 5 + 19k\) avec \(1 \leq x \leq 100\) : \(5\) ; \(24\) ; \(43\) ; \(62\) ; \(81\) ; \(100\), soit \(6\) numéros.
- \(x = 14 + 19k\) avec \(1 \leq x \leq 100\) : \(14\) ; \(33\) ; \(52\) ; \(71\) ; \(90\), soit \(5\) numéros.
Il y a \(11\) cas favorables parmi \(100\) cas équiprobables :
\[p = P(V) = \dfrac{11}{100} = 0{,}11\]2- Valeur minimale de \(n\)
Les \(n\) tirages sont indépendants (tirages avec remise) et, à chaque tirage, \(P(\overline{V}) = 1 - 0{,}11 = 0{,}89\). L’événement contraire de « \(V\) est réalisé au moins une fois » est « \(V\) n’est jamais réalisé », de probabilité \(0{,}89^{n}\). On cherche donc \(n\) tel que :
\[\begin{aligned} &1 - 0{,}89^{n} > 0{,}95 \\ &\iff 0{,}89^{n} < 0{,}05 \\ &\iff n\ln(0{,}89) < \ln(0{,}05) \\ &\iff n > \dfrac{\ln(0{,}05)}{\ln(0{,}89)} \end{aligned}\](le sens de l’inégalité change car \(\ln(0{,}89) < 0\)). Or \(\dfrac{\ln(0{,}05)}{\ln(0{,}89)} \simeq 25{,}7\). La valeur minimale de \(n\) est donc :
\[n = 26\]Vérification : \(0{,}89^{25} \simeq 0{,}054 > 0{,}05\) et \(0{,}89^{26} \simeq 0{,}048 < 0{,}05\).
Exercice 4 : Structures algébriques
1- \(M(x) \times M(y) = M(x + y)\)
Soient \(x\) et \(y\) deux réels. On note \(p_{ij}\) les coefficients du produit \(M(x) \times M(y)\), obtenus en multipliant la ligne \(i\) de \(M(x)\) par la colonne \(j\) de \(M(y)\).
• Ligne 1. La première ligne de \(M(x)\) est \((1\ \ 0\ \ 0)\), donc la première ligne du produit est celle de \(M(y)\) : \(p_{11} = 1\), \(p_{12} = 0\), \(p_{13} = 0\).
• Ligne 2.
\[\begin{aligned} p_{21} &= x^{2} + (1 - x)y^{2} + x(y^{2} + 2y) \\ &= x^{2} + y^{2} - xy^{2} + xy^{2} + 2xy \\ &= x^{2} + 2xy + y^{2} = (x + y)^{2} \end{aligned}\] \[\begin{aligned} p_{22} &= (1 - x)(1 - y) + x(-y) \\ &= 1 - x - y = 1 - (x + y) \end{aligned}\] \[p_{23} = (1 - x)y + x(y + 1) = x + y\]• Ligne 3.
\[\begin{aligned} p_{31} &= x^{2} + 2x - xy^{2} \\ &\quad + (x + 1)(y^{2} + 2y) \\ &= x^{2} + 2xy + y^{2} + 2x + 2y \\ &= (x + y)^{2} + 2(x + y) \end{aligned}\] \[\begin{aligned} p_{32} &= -x(1 - y) + (x + 1)(-y) \\ &= -x - y = -(x + y) \end{aligned}\] \[\begin{aligned} p_{33} &= -xy + (x + 1)(y + 1) \\ &= (x + y) + 1 \end{aligned}\]On reconnaît les coefficients de \(M(x + y)\). Donc \(M(x) \times M(y) = M(x + y)\).
2- a) \(\varphi\) est un homomorphisme et \(\varphi(\mathbb{R}) = E\)
Pour tous réels \(x\) et \(y\), d’après la question 1 :
\[\begin{aligned} \varphi(x + y) &= M(x + y) \\ &= M(x) \times M(y) \\ &= \varphi(x) \times \varphi(y) \end{aligned}\]Donc \(\varphi\) est un homomorphisme de \((\mathbb{R}, +)\) vers \((M_{3}(\mathbb{R}), \times)\). De plus :
\[\begin{aligned} \varphi(\mathbb{R}) &= \{\varphi(x) \,/\, x \in \mathbb{R}\} \\ &= \{M(x) \,/\, x \in \mathbb{R}\} = E \end{aligned}\]2- b) \((E, \times)\) est un groupe commutatif
\((\mathbb{R}, +)\) est un groupe commutatif et \(\varphi\) est un homomorphisme de \((\mathbb{R}, +)\) vers \((M_{3}(\mathbb{R}), \times)\). L’image d’un groupe commutatif par un homomorphisme est un groupe commutatif, donc \((\varphi(\mathbb{R}), \times) = (E, \times)\) est un groupe commutatif.
Son élément neutre est \(\varphi(0) = M(0) = I\) et le symétrique de \(M(x)\) est \(\varphi(-x) = M(-x)\).
3- a) \((E - \{I\}, T)\) est un groupe commutatif
Le coefficient de la ligne 2, colonne 3 de \(M(x)\) est \(x\) : donc \(M(x) = M(y)\) équivaut à \(x = y\), et \(M(x) = I = M(0)\) équivaut à \(x = 0\). Ainsi :
\[E - \{I\} = \{M(x) \,/\, x \in \mathbb{R}^{*}\}\]Soient \(x\), \(y\) et \(z\) des réels non nuls.
• Loi interne : \(2xy \neq 0\), donc \(M(x)\,T\,M(y) = M(2xy) \in E - \{I\}\).
• Commutativité : \(M(x)\,T\,M(y) = M(2xy) = M(2yx) = M(y)\,T\,M(x)\).
• Associativité :
\[\begin{aligned} &\big(M(x)\,T\,M(y)\big)\,T\,M(z) \\ &= M(2xy)\,T\,M(z) = M(4xyz) \end{aligned}\] \[\begin{aligned} &M(x)\,T\,\big(M(y)\,T\,M(z)\big) \\ &= M(x)\,T\,M(2yz) = M(4xyz) \end{aligned}\]• Élément neutre : on cherche \(e \neq 0\) tel que \(M(x)\,T\,M(e) = M(x)\) pour tout \(x \neq 0\), c’est-à-dire \(2xe = x\), soit \(e = \dfrac{1}{2}\). L’élément neutre est \(M\left(\dfrac{1}{2}\right)\).
• Symétrique : \(M(x)\,T\,M(x') = M\left(\dfrac{1}{2}\right)\) équivaut à \(2xx' = \dfrac{1}{2}\), soit \(x' = \dfrac{1}{4x} \neq 0\). Le symétrique de \(M(x)\) est \(M\left(\dfrac{1}{4x}\right) \in E - \{I\}\).
Donc \((E - \{I\}, T)\) est un groupe commutatif.
3- b) \((E, \times, T)\) est un corps commutatif
- \((E, \times)\) est un groupe commutatif d’élément neutre \(I\) (question 2- b).
- \((E - \{I\}, T)\) est un groupe commutatif (question 3- a).
- La loi \(T\) est distributive par rapport à la loi \(\times\) : pour tous réels \(x\), \(y\) et \(z\),
et, comme \(T\) est commutative, la distributivité à droite en découle.
Donc \((E, \times, T)\) est un corps commutatif.
4- a) \((M(x))^{n} = M(nx)\)
Par récurrence sur \(n \in \mathbb{N}^{*}\).
• Initialisation : \((M(x))^{1} = M(x) = M(1 \times x)\).
• Hérédité : soit \(n \in \mathbb{N}^{*}\) tel que \((M(x))^{n} = M(nx)\). Alors, d’après la question 1 :
\[\begin{aligned} (M(x))^{n+1} &= (M(x))^{n} \times M(x) \\ &= M(nx) \times M(x) \\ &= M\big((n + 1)x\big) \end{aligned}\]• Conclusion : \((\forall n \in \mathbb{N}^{*}),\ (M(x))^{n} = M(nx)\).
4- b) Résolution de l’équation dans \(E\)
Soit \(X \in E\) : il existe un réel \(x\) tel que \(X = M(x)\). D’après 4- a), \(X^{3} = M(3x)\) et \(X^{2} = M(2x)\). On calcule la différence \(M(3x) - M(2x)\) coefficient par coefficient ; on obtient la matrice :
\[\begin{pmatrix} 0 & 0 & 0 \\ 5x^{2} & -x & x \\ 5x^{2} + 2x & -x & x \end{pmatrix}\]car \(9x^{2} - 4x^{2} = 5x^{2}\), \((1 - 3x) - (1 - 2x) = -x\), \((9x^{2} + 6x) - (4x^{2} + 4x) = 5x^{2} + 2x\) et \((3x + 1) - (2x + 1) = x\).
L’équation équivaut donc au système :
\[\begin{cases} 5x^{2} = 5 \\ -x = 1 \\ x = -1 \\ 5x^{2} + 2x = 3 \end{cases}\]Les deuxième et troisième égalités donnent \(x = -1\), qui vérifie aussi \(5x^{2} = 5\) et \(5x^{2} + 2x = 5 - 2 = 3\). L’équation admet donc une unique solution dans \(E\) :
\[X = M(-1) = \begin{pmatrix} 1 & 0 & 0 \\ 1 & 2 & -1 \\ -1 & 1 & 0 \end{pmatrix}\]